Notre vision pour la commune de Nice
La ville que nous voulons
Nice… l’image mise en avant dans le bulletin municipal ou dans les médias, c’est la carte postale. C’est la Promenade des Anglais et quelques réalisations, parfois de qualité, comme la Coulée Verte qui rencontre un vrai succès populaire. C’est la partie de la ville qui bénéficie de toutes les attentions du maire de Nice.
Et puis il y a la ville cachée, mise en lumière seulement à l’occasion de tristes faits divers. C’est la ville que nous connaissons toutes et tous car nous y vivons. C’est la ville frappée par un taux de pauvreté de plus de 20%, par une crise du logement dramatique, celle de la pollution et des réseaux routiers saturés, celle que les services publics désertent.
Notre ambition, c’est de mettre toute la ville au même niveau de qualité de vie au
quotidien, au même niveau de beauté. Notre ambition, c’est de mettre la démocratie au cœur de tous les processus de décision à Nice et à la métropole. Notre ambition, c’est de faire prévaloir l’idée des biens communs sur celle de l’affairisme. Notre ambition, c’est un projet de ville, très différent de celui que portent la droite et l’extrême droite. Une ambition qui se décline de trois manières :
- La méthode que nous proposons de mettre en œuvre.
- Les moyens pour y parvenir
- La ville que nous voulons, c’est la ville dans laquelle nous souhaiterions pouvoir vivre.
Une ville solidaire
Quand nous parlons des Niçoises et des Niçois, nous entendons l’ensemble de la population qui vit, travaille et étudie à Nice, quelle que soit sa nationalité, son origine. Cette communauté de destin que nous voulons ouverte au monde, opposée à toute fermeture identitaire, se traduira par la mise en place d’une citoyenneté de résidence permettant à chacune et chacun de participer à la vie de la cité.
Nous voulons une ville qui lutte contre les ghettos, pas uniquement contre les ghettos de pauvreté mais aussi les ghettos de riches et les ghettos touristiques, à l’image de ce que sont devenus notre Carnaval et les quartiers du Vieux Nice et du port, par exemple.
Une ville qui permette à toutes et tous de se loger dignement sans devoir y consacrer parfois 50% du budget du foyer. Cela commence par l’encadrement des loyers le plus rapidement possible. Nous mènerons une politique ambitieuse pour répondre aux besoins de logements publics, et reprendre la main sur la spéculation immobilière.
Une ville qui privilégie les transports en commun et les modes de déplacements actifs et doux (vélo, marche à pied) pour offrir une véritable alternative au “tout voiture”. Cela passe par un plan pour arriver, d’ici septembre 2028, à la gratuité des transports. Une gratuité qui s’accompagnera d’une sécurisation des cheminements piétons et d’un plan vélo ambitieux.
Une ville qui donne à toutes et tous la même qualité d’accès aux biens communs, aux services publics.
Une ville où jeunes, retraité·e·s, étudiant·e·s, enfants, actifs ou pas, femmes, personnes âgées, dépendantes ou non, personnes en situation de handicap, exilé·es peuvent vivre dignement, étudier dans les meilleures conditions, travailler, pratiquer des sports, se cultiver, se soigner…
Une ville qui donne aux femmes toute leur place dans la ville, et qui met fin aux violences et aux discriminations.
Une ville qui fasse de l’accessibilité pour les personnes en situation de handicap une priorité.
Nous partons de très loin, Nice aujourd’hui est trop souvent une ville qui exclut, qui discrimine. La ville que nous voulons prend soin de chacun et chacune, nous la construirons avec les habitant·es.
Une ville désirable
Nice est une des villes les plus polluées de France. Il est évident que les mesures engagées par l’actuelle municipalité ne permettront pas d’atteindre les objectifs de réduction des gaz à effets de serre en 2030 et la neutralité carbone en 2050. Nous devrons engager une bifurcation écologique et rompre avec des choix qui favorisent le surtourisme.
Une ville désirable avec un autre rapport avec la nature, le vivant, les sols. La question de l’agriculture en ville et aux alentours sera cruciale. Nous stimulerons la création de jardins partagés, de fermes pour fournir les écoles et les collectivités, des lieux pour renouer avec cette culture essentielle, et sensibiliser les plus jeunes. La ville promouvra une alimentation saine et locale pour tous et toutes, et soutiendra les expérimentations, comme la sécurité sociale de l’alimentation.
Une ville apaisée
Une grande ville comme Nice est confrontée aux incivilités, à la délinquance, aux trafics… mais aussi aux risques naturels. Ces questions complexes vont bien au-delà de la seule compétence municipale, mais la ville n’est pas dépourvue de leviers d’action.
La tranquillité publique, c’est une question qui dépasse la situation niçoise. Totalement instrumentalisée, allant même jusqu’à poser des questions de liberté, elle représente un coût faramineux pour la ville, pour un résultat très en deçà des attentes des habitantes et habitants. En finir avec la peur, mais travailler à retrouver une ville apaisée, à restaurer une convivialité, une fraternité et une confiance avec des moyens pour la prévention et l’éducation, c’est notre ambition. Cela passe par un grand plan de prévention réunissant tous les acteurs concernés ; mais aussi par une redéfinition du rôle de la police municipale à Nice, en complémentarité avec la police nationale : périmètre d’action, nature des interventions, accompagnement tout au long de la carrière, y compris par un soutien psychologique, formation initiale et continue…
Nice est concernée par les risques naturels (sismiques, et les inondations…). Elle est déjà, et sera, particulièrement impactée par les conséquences du dérèglement climatique. Nous devrons à la fois anticiper sur ces conséquences mais aussi corriger les erreurs du passé comme, par exemple, les autorisations à construire en zones inondables. Nous dénonçons un refus de prendre en compte l’ampleur des transformations à engager. Une attitude totalement irresponsable, à l’image du soutien à l’extension d’un aéroport situé en zone inondable, et du lycée de l’Est, construit dans le lit majeur du Paillon. Face à la réalité des risques naturels et technologiques, Il y a urgence à renforcer la sensibilisation de tous les publics et à favoriser l’émergence d’une véritable culture commune du risque.
Une ville conviviale
Jadis la conception des urbanistes était celle de villes divisées en espaces différenciés et spécialisés. Cette conception, nous la retrouvons à Nice avec les quartiers dortoirs (quartiers Est, l’Ariane…), des activités économiques concentrées (la zone industrielle de Carros), les équipements sportifs concentrés dans la plaine du Var… Aujourd’hui, notre réflexion porte sur une ville qui mélange les fonctions. « La ville du quart d’heure » propose tous les centres d’intérêt à un quart d’heure de marche à pied de son domicile. «La ville du quart d’heure » rapproche l’ensemble des services publics, les lieux d’emploi et construit la richesse et la mixité sociale de la ville.
Une ville qui offre des agréments dans tous les secteurs, dans tous les quartiers. Cela doit se traduire par la réalisation d’équipements de proximité, des équipements sportifs, éducatifs, culturels et de santé.
Une ville solidaire, désirable, apaisée et conviviale, c’est la ville que nous voulons pour toutes et tous.
La méthode
Une idée résume notre méthode : la démocratie active jusqu’au bout.
Aujourd’hui à Nice et dans la métropole nous subissons le fait du prince.
Un prince qui se croit infaillible et dont les choix relèvent trop souvent d’une totale opacité.
Un prince qui se croit tout permis en raison de la puissance financière et logistique de la métropole et de la ville de Nice.
Un prince qui privilégie un fonctionnement très centralisé, hiérarchisé, totalement caporalisé, favorisant les « dysfonctionnements », les conflits d’intérêts et l’inertie.
Nous voulons rompre avec la mainmise d’un clan, rompre avec l’opacité des huis clos et des prises de décision sans débats à l’image de celles du bureau métropolitain. Nous voulons rompre avec le cumul permanent des fonctions métropole/Nice en scindant les deux cabinets et les deux exécutifs.
Il y a urgence à retrouver une véritable éthique et à rétablir un fonctionnement dans lequel les agents puissent agir et jouer leur rôle, tout leur rôle.
Si le cadre institutionnel est contraint et les marges d’action étroites, nous utiliserons toutes ces marges pour mettre en place une véritable démocratie active.
Car nous ne parlons pas de cette démocratie participative de façade dont d’autres se targuent ! Mais d’une démocratie active qui donne réellement du pouvoir aux Niçois et aux Niçoises.
Pour associer le plus grand nombre à la vie de la cité, il nous faut des « outils », clairement définis, assortis de moyens et adaptables en fonction des expériences.
Certains existent déjà aujourd’hui car la loi y contraint les communes : conseils de quartier et conseils de territoires. Nous les réformerons en profondeur afin de donner à ces instances jusqu’à présent seulement consultatives (dans le meilleur des cas !), un vrai pouvoir citoyen : pouvoir d’élaboration de projet, de décision et de saisine du conseil municipal …
A côté de ces nouvelles assemblées citoyennes de quartier et de territoire, nous mettrons en place des conventions citoyennes annuelles qui débattront de sujets complexes pour trouver des points de vue communs, des Assises de la ville pour permettre un bilan critique de toutes les démarches participatives, des comités d’usagers, au moins, pour les services gérés en régie.
Ces organes de participation active n’auront de sens que s’ils reflètent la diversité de notre cité. Afin de s’en approcher, nous privilégierons la méthode du tirage au sort pour composer ces assemblées.
Autre point phare de notre programme : le budget participatif. Encore une expression à la mode ! Nous, nous ne parlons pas de quelques euros saupoudrés pour « avoir l’air de … ». Nous parlons d’un vrai budget participatif qui donne aux citoyen·nes un rôle actif dans la gestion des fonds publics, tout en répondant mieux aux besoins réels du territoire.
Donner la parole aux Niçois et Niçoises, c’est aussi mettre en place des Référendums d’Initiative Citoyenne. Nous nous y engageons.
Et comme il faut des lieux pour échanger, débattre, nous veillerons à ce qu’il existe à proximité de chacun·e des maisons de quartier où il fait bon se retrouver pour les activités sportives, culturelles, pour trouver des services, mais aussi faire société.
Les moyens
Connaître l’existant
Une évidence, avant toute chose : savoir précisément où nous en sommes de la situation financière. Cela pose la nécessité d’un audit consolidé tout à la fois sur la métropole, la ville de Nice, mais aussi les structures annexes, CCAS, Régie Lignes d’Azur, Régie de l’eau, Côte d’Azur habitat…
Faire la chasse aux dépenses inutiles
Nous ne nous réfugierons pas derrière l’argument de la dette pour trouver prétexte à ne rien faire. Il y a la dette et la dette. Celle qui permet de financer à long terme des investissements structurants, et celle à court terme qui finance une politique tape à l’œil privilégiant le clinquant. Nous assumons la première et excluons la seconde, avec un fil conducteur : le développement des services publics.
Notre objectif sera de redéployer des moyens existants de manière plus utile. Ainsi, redéployer 1% des budgets de fonctionnement de la ville et de la Métropole, cela représente 15 millions d’euros.
Trouver des ressources complémentaires
Il est possible de trouver des ressources complémentaires, en répartissant équitablement l’effort fiscal et notamment en sollicitant la base économique de la fiscalité locale. Pour cela, nous poursuivrons la bataille engagée par rapport à la taxe mobilité pour la mettre au même niveau que celle de l’Île-de-France. Autre ressource complémentaire que nous souhaitons actionner, la taxe de séjour que versent les touristes, qui est aujourd’hui d’un montant ridicule pour des séjours en 4 et 5 étoiles.
Privilégier un autre type de développement
Aujourd’hui la priorité du clan Estrosi, c’est le tourisme d’affaires et celui de l’hyper luxe, avec comme implication l’extension de l’aéroport, la transformation du port de Nice en annexe de celui de Monaco, un centre historique qui se vide de sa population au profit des locations touristiques, une pression sans cesse à la hausse du prix de l’immobilier et des loyers… Sans chambouler cette base économique décisive, nous nous engageons à élaborer les voies d’une alternative à cette logique du « tout tourisme ». Nice a des atouts et les compétences au sein de sa population sont très nombreuses. Nous voulons nous appuyer sur ces atouts et ces compétences pour privilégier l’emploi de qualité, utile sur le plan social et écologique, et la diversification de l’activité économique à l’échelle de Nice et de la métropole.
Notre ambition pour notre ville, la ville que nous voulons, la méthode que nous proposons de mettre en œuvre et les moyens pour y parvenir sont en rupture avec l’affairisme du duo Estrosi-Ciotti.
Notre ambition, c’est d’engager une rupture avec les logiques profondément inégalitaires qui prédominent dans le choix des équipes municipales depuis des décennies.
Nous voulons construire avec les Niçoises et les Niçois une ville solidaire, désirable, apaisée et conviviale.
Nous voulons rompre avec les pratiques claniques, retrouver une véritable éthique et mettre en place une véritable démocratie active.
Nous ferons en sorte que les Niçois et les Niçoises ne soient plus dépossédés de leur ville.


